Maite Snauwaert, PhD

Professeure agrégée, Campus Saint-Jean - Academic Support

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Sommaire

À propos de moi

Professeure agrégée, Arts et Littérature

Visiting Research Scientist at the Center for Complicated Grief, School of Social Work,

Columbia University, New York, NY (Fall 2018)

Affiliated Researcher, Center for Complicated Grief, Associates Program, Columbia University

Membre associé, Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire Figura, Université du Québec à Montréal

Membre associé, Observatoire des écritures françaises et francophones contemporaines, Université Paris-

Ouest Nanterre La Défense et Institut Universitaire de France

Réseau international de recherche sur Roland Barthes : https://www.roland-barthes.org/


Enseignement

Arts, Littératures, Sciences humaines


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Activités savantes

Research - Apprendre à mourir au 21e siècle : la contribution littéraire

Savons-nous mourir au 21e siècle? Si la fin de vie est aujourd'hui monopolisée en Occident par la pratique médicale et le milieu hospitalier, celui-ci est-il le plus hospitalier pour accueillir l'expérience singulière de mourir? Comment faire de celle-ci le vrai dernier chapitre de la vie, chargé de valeur et de signification, au lieu de la livrer à la contingence de l'accident ou de l'échec médical? Comment rendre à celui qui la vit cette expérience ultime, au lieu qu'elle s'anéantisse dans l'oubli des drogues ou l'anonymat de la table d'opération, qui le dérobent à lui-même et à ses proches? Malgré l'allongement de l'espérance de vie, les progrès considérables de la médecine, les ressources psychologiques disponibles, l'individu occidental demeure entièrement désarmé face à l'annonce du diagnostic fatal ou la disparition du proche (parent, enfant, compagne ou compagnon d'une vie). L'impact émotionnel de la fin de vie sur ceux qui vont mourir comme sur leur entourage semble confiné au seing privé des cabinets des psychologues ou aux services des travailleurs sociaux. Quel discours public fait défaut qui permettrait de regarder la mort en face, et mieux encore, de s'y préparer?

Dans son best-seller "Being Mortal" paru en 2014, le médecin et chirurgien américain Atul Gawande milite pour l'instauration d'une véritable conversation sur la fin de vie désirée, pour chaque patient, avec son équipe médicale et ses proches, afin qu'il puisse envisager la limite à venir de sa vie comme un dernier épisode actif, dans lequel entrent son choix, sa personnalité, ses préférences en tant que personne. Ce contributeur régulier au New Yorker milite de plus pour que, dans les cas précis où la médecine sait ne plus être en mesure de sauver la vie, on privilégie les soins palliatifs donnés à la maison, ultime lieu de vie contre la dépersonnalisation de l'hôpital. Avec d'autres médecins, il déplore le découplage entre médecine des organes et prise en charge de l'humain dans sa dimension morale, et réclame que l'initiation à l'empathie réintègre le cursus des étudiants en médecine.

Or un corpus littéraire initie depuis vingt ans cette conversation, en français et en anglais, en Europe et en Amérique du Nord. Émanant d'écrivains célèbres, composé de récits d'expérience personnels, il remédie au blanc du discours, lutte contre l'euphémisme, le silence, le « dernier tabou » (Edgar Morin) qu'est devenue la mort en Occident. En 2015, Oliver Sachs livrait ainsi au public dans le New York Times l'annonce du retour de son cancer et son diagnostic fatal imminent. Ces récits littéraires personnels racontent la prise de conscience de la mortalité qui survient avec la difficile confrontation avec son propre déclin, ou plus souvent l'accompagnement de la fin de vie de l'autre et l'expérience du deuil. Non seulement ils disent la souffrance physique et morale des mourants et de leurs survivants, la vie biologique, le corps qui faiblit, les soins apportés, la prise en charge éthique et sociale de cet épisode crucial; mais ils examinent le projet de vie qui meurt avec le mourant, et interrogent la notion de « vie bonne » à l'aune de la diminution ou de la disparition radicale.

Par les formes de savoir émotionnel et empathique qu'elle met en oeuvre, la recherche postule que la littérature offre ainsi une intelligibilité spécifique de la vie humaine, produite par la rencontre entre l'expertise langagière des écrivains et leur expérience vécue. Le programme propose d'offrir et de partager avec les publics les plus immédiatement concernés la première étude systématique de ce corpus de récits littéraires de la fin de vie, qui n'a jamais été abordé pour lui-même ni pour la comparaison interculturelle qu'il permet entre les pratiques de différentes sociétés occidentales.

Recherche subventionnée par le Conseil de Recherches en Sciences Humaines du Canada (2016-2022)


Research - Do we know how to die in the 21st century? (SSHRC Research)

While the human lifespan is expanding, few new cultural discourses have tried to address and accompany this change. Yet, what does it mean to live longer, if we cannot make sense of it? Or if this prolongation is only medical and biological, but without meaning and quality attached to it? Literary writers, I will endeavor to demonstrate, can help us face this most significant moment.

Research funded by Canada Social Sciences and Humanities Research Council (2016-2022)

More Information

Publications

La Douleur d’Emmanuel Finkiel

Auteur(s): Snauwaert, Maïté
Date de la publication: 2019
Lien externe: https://www.cms.ualberta.ca/-/media/AAD79CD2A9F34398830AAB548D6E9C8F

Marguerite Duras et le cinéma

Auteur(s): Snauwaert, Maïté
Date de la publication: 2018
Lien externe: https://www.cms.ualberta.ca/-/media/EF4928A0774E44FAA791EE94AB246A0F

Philippe Forest. La littérature à contretemps, Éditions nouvelles Cécile Defaut, 2012

Auteur(s): Snauwaert, Maïté
Date de la publication: 2012
Lien externe: https://www.cms.ualberta.ca/-/media/AD7CFBA056CE4AD7BC8BA1548F327F2D